Ces pensées qui m'attirent
Aussi macabres soient-elles
Sont ancrées au plus profond de mon être.
Jamais je n'aurais eu autant de plaisir
Ce doux plaisir immortel
Que de contempler ton corps inerte
Autrefois rempli de haine
Et qui maintenant est baigné de ton sang
Que je regarde couler lentement, lentement...
A cet instant, dans mon âme dérangée,
Je sors la lame avec laquelle mes veines sanglotaient
Il manquait une fin à mon acte ô combien sadique
Il me fallait reprendre ce qui avait été volé
Je ferme les yeux avant d'accomplir ma vengeance.
De nombreux coups, de nombreux cris enragés
Mais dans cette maison régnait le silence
Enfin apparu le coeur dont les battements étaient presque éteints
Je le détache violemment des artères
Et le coupe en deux avec une amère satisfaction
Je prends soin d'une moitié, laissant tomber l'autre par terre.
Pour ma moitié occupant toute mon attention,
Je la nettoie de ses dernières gouttes de sang
Et la place sur la table dans un sourire innocent.
Les voisins regardent curieusement
La police est sur place, il était temps
De nettoyer ces horreurs, de les cacher
Aux yeux de ma mère épouvantée
Je la rassure, la prends dans mes bras,
Tous ces moments où elle pleurait chaque fois
Tous ces remords dans lesquels elle se trouvait
Aujourd'hui se sont arrêtés à jamais.
Oui je peux le dire : tu ne seras pas notre perte !
Sans ta présence nous nous en sortirons
Les jours et les nuits défilent, et nous t'oublierons.
Sois-en certain :
Aucune fleur ne couvrira ton tombeau
Et si par hasard, j'y croise quelqu'un,
Je lui planterai un couteau dans le dos.
Tu ne peux pas nier qui tu étais,
Ta destinée n'était plus à-même de t'appartenir
C'est sans regret aujourd'hui que je t'ai tué
Maintenant ta pensée me fait naître un sourire.